La loi protégeant les vendeurs ambulants freine les géants du commerce de détail à l’ère de l’essor du e-commerce

L’impact de la loi sur les vendeurs ambulants et les grands distributeurs

En 2010, une loi destinée à protéger les vendeurs ambulants a été mise en place en Corée afin de maintenir un équilibre entre le commerce traditionnel et les géants du commerce de détail. Cette législation impose des restrictions sur les heures d’ouverture des grandes surfaces, qui sont tenues de fermer deux jours par mois et de ne pas ouvrir entre minuit et 10 heures du matin. L’objectif initial de cette réglementation était de garantir la protection des vendeurs ambulants contre la mainmise des grandes surfaces.

Cependant, cette loi est aujourd’hui critiquée car elle entrave le fonctionnement des grandes enseignes telles qu’Emart et Homeplus, limitant ainsi leur capacité à concurrencer efficacement les plateformes e-commerce. En conséquence, beaucoup plaident pour une révision de ces règles afin de permettre une concurrence commerce plus équitable avec le secteur en plein essor du e-commerce.

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L’évolution de la consommation numérique, vivement accélérée par la pandémie de COVID-19, a intensifié le débat sur la pertinence de cette loi. En effet, selon un rapport du Ministère de l’Industrie, la part du commerce de détail traditionnel était tombée à 65 % du marché en 2024 et 2025, contre 80 % en 2016. Parallèlement, des acteurs comme Coupang ont vu leurs ventes exploser, passant de 1 trillion à 41,3 trillion de won entre 2016 et 2024.

La nature de la réglementation actuelle crée un environnement challengeant pour les supermarchés physiques, et leurs parts de marché continuent de chuter. Ces entreprises font également face à une contrainte supplémentaire : toute nouvelle ouverture doit inclure un plan détaillé sur l’intégration avec les marchés de rue locaux.

La croissance fulgurante du e-commerce et ses conséquences

Le essor numérique en Corée a non seulement favorisé la croissance des plateformes en ligne, mais il a également été exacerbé par des événements tels que la crise sanitaire mondiale. Entre 2020 et 2022, l’attitude des consommateurs a radicalement changé, beaucoup privilégiant les achats en ligne pour réduire les interactions physiques. Cet ajustement comportemental a ensuite persisté, entraînant une dynamique de marché irréversible au profit du commerce en ligne.

En 2024, Coupang a réalisé des ventes de 41,3 trillions de won, une croissance exponentielle qui illustre l’attrait croissant pour le commerce électronique. De même, les chiffres de ventes de Kurly ont bondi de manière remarquable, reflétant bien l’ampleur de cette mutation.

Comment les géants du commerce de détail peuvent-ils alors résister dans cette ère numérique ? La nécessité de moderniser la législation apparaît d’autant plus cruciale afin de permettre aux commerces physiques de retrouver une certaine compétitivité face aux titans du numérique.

Entreprise Ventes 2016 Ventes 2024 Croissance
Coupang 1 trillion won 41,3 trillion won x40
Kurly 17,3 milliards won 2,2 trillions won x127

Les chiffres impressionnants du e-commerce, bien que réjouissants pour les plateformes numériques, posent question sur le rôle désormais obsolète de certaines mesures législatives.

Dans ce contexte, des ajustements sont réclamés afin de redéfinir les règles du jeu, pour que les supermarchés traditionnels puissent s’adapter aux changements du marché, et face à l’hégémonie croissante du commerce en ligne qui continue de redessiner les contours du système commercial traditionnel.

Les enjeux et défis pour l’avenir des grandes surfaces

Pour les grandes surfaces telles qu’Emart et Homeplus, la survie en ces temps modernes signifie réévaluer leurs stratégies de marché. À titre d’exemple, Homeplus a déposé une demande de réhabilitation en mars 2025, incapable de suivre le rythme des dettes croissantes et manquant de trésorerie pour même payer ses employés. Cette situation souligne à quel point l’environnement commercial s’est compliqué pour les supermarchés traditionnels.

Il est crucial de noter que cette loi historique, introduite pour protéger les petits commerçants, a également suscité le mécontentement des syndicats représentant les employés des grandes enseignes. En décembre 2025, le syndicat d’Emart a critiqué vigoureusement la loi, soulignant l’urgence d’adopter une régulation de marché plus équilibrée pour une concurrence saine entre e-commerce et commerce traditionnel.

Pour affronter ces défis, plusieurs propositions ont été avancées, telles que permettre aux grandes surfaces de délivrer des biens même lors de jours de fermeture imposés. Néanmoins, ces suggestions n’ont pas franchi le cap législatif et attendent toujours d’être adoptées.

Si ces situations continuent d’être ignorées, elles pourraient entraîner une réduction significative de la diversité commerciale et nuire à l’économie locale.

Les propositions pour une réforme législative

La réforme de la réglementation commerciale concernant les grandes surfaces est au centre des discussions. Les experts s’accordent sur le fait qu’une modernisation est nécessaire pour créer un cadre compétitif et dynamique à la fois pour les distributeurs traditionnels et pour les vendeurs ambulants. Par exemple, assouplir les limitations d’horaires pourrait permettre aux supermarchés d’élargir leurs offres et à attirer davantage de clientèle.

En outre, l’adoption de mesures telles que la collaboration accrue avec les vendeurs ambulants pourrait faciliter une intégration équilibrée entre commerce traditionnel et moderne.

L’effort pour obtenir une régulation plus souple n’est pas seulement une question de libération économique pour les grandes firmes, mais également une nécessité pour éviter une éventuelle disparition des points de vente physiques. L’Asie, avec sa croissance technologique rapide, doit se positionner pour équilibrer le commerce en ligne et hors ligne

Pour cela, certaines recommandations incluent :

  • Lever certaines contraintes horaires et permettre des modèles de distribution flexibles.
  • Encourager les coopérations locales entre grands distributeurs et commerces ambulants.
  • Mettre en place des politiques fiscales incitatives pour soutenir les points de vente physiques.

Dans l’attente de réformes tangibles, les grandes surfaces continuent de naviguer entre innovation et traditions, réclamant un soutien renforcé des politiques économiques.

Le revers de ces lois suggère la nécessité de politiques équilibrées qui répondent aux exigences modernes tout en préservant le tissu commercial local.

Enjeux économiques et législatifs pour un commerce diversifié

Dans un contexte mondialisé, l’attrait des plateformes de e-commerce continue de transformer les dynamiques d’achat. Mais comment garantir une concurrence honnête ? L’Organisation coréenne chargée des questions commerciales a recommandé que des lois plus agiles soient mises en place pour faire face à l’évolution rapide du secteur, car les législations actuelles ne reflètent plus les réalités du marché moderne.

À l’horizon 2029, la décision de prolonger la loi actuelle témoigne d’une raideur législative qui pourrait être préjudiciable. Ainsi, pour que le commerce de détail prospère, tant dans les rues que dans les centres commerciaux virtuels, il est primordial que la Corée établisse un terrain de jeu équitable pour tous les acteurs économiques.

Face aux préoccupations des petits commerçants, les grandes enseignes et les décideurs politiques cherchent des compromis structurels pour atténuer les impacts de mesures qui peuvent paraître obsolètes. Il s’agit donc d’une modernisation nécessaire afin de préserver l’authenticité des marché.

Les efforts de régulation devront tenir compte non seulement des aspects économiques, mais également des implications sociales pour veiller à ce que toute nouvelle mesure soit bénéfique pour l’ensemble du secteur.

Pour atteindre ces objectifs, des outils analytiques et prédictifs modernes peuvent être mis en œuvre pour anticiper les tendances du marché, et ainsi définir les meilleures trajectoires à suivre pour faire évoluer masse salariale et fidéliser une clientèle toujours plus exigeante.

Dans cet environnement en mutation rapide, les législateurs et les chefs d’entreprise devront collaborer étroitement pour instaurer un écosystème de marché prospère et pérenne, où chaque acteur peut prospérer tout en respectant un cadre concurrentiel sain.

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